Tout l’monde debout!

Combien d’heures par jour passez-vous assis? Pensez-y un instant : on s’assoit pour manger, travailler à l’ordinateur, lire, regarder la télé; on s’assoit aussi au volant, en réunion, au cinéma, au bar… La moyenne des gens passent ainsi un peu plus de 9 heures par jour en position assise. Faites le calcul, et vous verrez que vous n’êtes peut-être pas très loin de la moyenne. Ajoutez vos huit heures de sommeil réglementaires, et vous obtenez un glorieux total de 17 heures de sédentarité quotidienne! Jusqu’à tout récemment, je gagnais ma vie assis comme tant d’autres professionnels, mais j’ai remédié à la situation. Pourquoi? Comment? C’est ce que je veux vous raconter.

Les nuisances de la sédentarité

Je ne vous apprendrai probablement rien en vous disant que la sédentarité nuit à la santé. C’est un thème récurrent depuis presque 20 ans, conséquence de la révolution numérique. Il faut bien se rendre à l’évidence : la technologie a fait de nous les êtres les plus sédentaires de tous les temps!

L'homme moderne reste assis en moyenne 9,3 heures par jour

Moi qui suis coureur de marathon, j’ai cru pendant longtemps que mon niveau d’activité physique compensait largement mon temps passé en position assise prolongée, jusqu’à ce qu’une compagne d’entraînement — physiothérapeute de son métier — me dise que j’étais « dans l’champ ». Sceptique, j’ai creusé la question, et j’ai constaté qu’elle avait bien raison. Je vous ferai grâce de toutes les statistiques inquiétantes que j’ai pu relever sur les nombreux problèmes de santé auxquels on s’expose lorsqu’on reste assis plus de cinq heures par jour. Vous n’avez qu’à regarder cette infographie et vous comprendrez tout. Si cela ne suffit pas, vous irez voir celle-ci.

Passer en station verticale

Ainsi donc, les méfaits de la position assise prolongée sont irréversibles, et le sport n’y change rien. La conclusion s’imposait d’elle même : le statu quo n’était pas une option. Heureusement, je n’avais pas d’employeur à convaincre, mais il en est peut-être autrement pour vous; le cas échéant, vous pourrez toujours expliquer à votre patron que la santé et le bien-être des employés, c’est payant pour l’entreprise. Les grosses boîtes l’on bien compris : chez Google, il suffit de demander pour avoir un « bureau debout ». Même chose chez Facebook, où près du quart des employés travailleraient debout. Des expériences ont même été tentées avec un poste de travail ajustable combiné à un tapis roulant, mais dans ce cas-ci, les résultats n’ont pas l’air très concluants :

N’empêche que l’idée fait son chemin, comme en fait foi ce reportage sur le « bureau actif » présenté à l’émission Découverte de Radio-Canada.

Effet de mode, tout ça? Peut-être un peu. Mais en soi, l’idée de travailler debout n’est pas nouvelle. Thomas Jefferson, Winston Churchill, Charles Dickens, Virginia Woolf, Ernest Hemingway et d’autres figures marquantes faisaient ça tout le temps. Et Victor Hugo n’a-t-il pas écrit ses plus grandes œuvres debout à son pupitre, face à la mer?

Quoi qu’il en soit, ceux qui ont adopté le bureau debout disent avoir plus de concentration et d’énergie au travail. Pas étonnant : debout, le sang circule mieux, et le cerveau est mieux oxygéné. Beaucoup déclarent aussi avoir perdu du poids.

Ma version du bureau debout

L’idée de m’aménager un bureau debout me trottait déjà dans la tête depuis un bon moment. Avoir voulu y mettre le prix, j’aurais opté pour un poste de travail ajustable comme celui de NextDesk, dont la surface monte et descend à la demande. J’ai aussi pensé me faire construire un meuble sur mesure… jusqu’à ce que je tombe par hasard sur une table qui correspondait parfaitement à mes besoins. Une table de bar à la fois robuste et design dont la surface m’arrive quelques centimètres sous les coudes, hauteur recommandée par les ergonomistes. La balle était lancée (merci Ikea!).

Évidemment, je n’allais pas renoncer totalement à travailler assis (j’essaie de m’en tenir à un maximum de trois heures par jour). Mais il m’apparaissait important d’être en mesure de passer aisément d’une position à l’autre sans devoir chaque fois tout changer. Je tenais aussi à pouvoir fonctionner tout aussi efficacement debout qu’assis. Bref, je ne voulais faire aucun compromis. Comme j’ai l’habitude de travailler avec deux écrans (celui de mon portable et un moniteur externe), j’allais devoir m’en procurer deux autres et trouver le moyen de brancher ces trois écrans sur un même portable. En cherchant un peu, j’ai trouvé un adaptateur vidéo externe qui se branche sur un port USB et auquel on peut raccorder deux écrans supplémentaires. Quand tout est bien configuré, un simple raccourci-clavier permet de déplacer facilement les fenêtres et les applications d’un écran à l’autre. Ensuite, j’ai surélevé mon écran principal pour qu’il m’arrive à la hauteur des yeux et fixé l’écran secondaire sur un bras articulé pour le mettre au même niveau. Pour le clavier et la souris, pas besoin de dédoubler : j’utilise des périphériques sans fil qui se déplacent facilement d’un poste à l’autre.

Mon bureau debout

Si j’en crois toutes les études que j’ai vues sur le sujet, travailler debout au moins quatre heures par jour me permettra de réduire sensiblement mes risques de maladie cardiovasculaire, de diabète, d’obésité, de crise cardiaque, de cancer et de dégénérescence musculaire, tout en prolongeant mon espérance de vie de plusieurs années! Mais ce n’est pas tout : pour chaque heure passée debout, je brûle 50 calories de plus, donc 200 calories par jour. Au bout de l’année, cela représente quelque 50 000 calories, soit l’équivalent de 6,5 kilos de graisse ou, si vous préférez, d’une bonne douzaine de marathons! Tout ça pour un investissement unique d’environ 600 $. En termes de rendement du capital investi, qui dit mieux? Je vous laisse y réfléchir sur un air du chanteur québécois Richard Séguin.

Et vous? Avez-vous fait l’expérience du bureau debout? Qu’en dites-vous? Connaissez-vous des gens qui ont fait le saut?

René Morin

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3 réflexions au sujet de « Tout l’monde debout! »

  1. Je travaille plutôt dans les bureaux à frais partagés ces jours-ci. Travailler debout est une suggestion que je pourrais proposer au gérant d’un bureau particulier. Quand on y pense, c’est une bonne idée! Merci de partager vos expériences.

    • Vous verrez: l’essayer, c’est l’adopter. Il suffit d’y aller progressivement au début. Au plaisir!

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