Courir en français

Pace bunny, shin splint, chip time, carb loading… je pratique la course à pied depuis des années et, dans ce domaine comme dans bien d’autres, je ne peux que constater l’abondance de mots anglais dans le discours des coureurs francophones. Dans ce court billet, je m’emploierai à décrire quelques-uns de ces anglicismes inutiles et je proposerai pour chacun un terme de remplacement bien français.

Marathon d'OttawaDans les premières semaines d’un programme d’entraînement (surtout après une relâche hivernale), l’augmentation soudaine du volume de course à pied provoque des shin splints chez bien des coureurs. Cette douleur ressentie sur la partie antérieure du tibia est une inflammation du périoste, d’où son nom français de périostite ou, plus précisément, de périostite tibiale. Dans les 2-3 semaines précédant une compétition, on recommande de réduire progressivement le volume d’entraînement pour être en mesure d’arriver au maximum de ses possibilités le jour J. Cette technique appelée tapering en anglais se nomme affûtage en français. Quelques jours avant l’épreuve, certains coureurs de longue distance (marathon et plus) ajoutent à leur préparation physique et mentale une préparation alimentaire appelée surcharge en glycogène (carbo loading ou carb loading) qui vise à remplir à pleine capacité leur réservoir d’énergie musculaire.

Meneuse d'allureLe grand jour est arrivé! Dans les grandes courses, le plan de départ est organisé en sas (corrals) de différentes couleurs pour étaler le flux de coureurs et rendre le peloton moins dense. Une fois échauffé, on se place dans le sas correspondant à son temps visé et on attend le signal du départ. Pour la suite, la clé du succès sera de tenir une allure ou un rythme (pace) constant jusqu’à la fin. Les coureurs qui visent un temps précis se joindront peut-être à un pacer (ou pace bunny) qui, tel un métronome, alignera les kilomètres avec régularité. En français, on dira plutôt meneur d’allure ou, plus simplement, lapin. Pour lutter contre un vent de face, on aura peut-être envie de se placer pour un temps à l’abri derrière un autre concurrent et de profiter de son aspiration. Cette pratique commune à d’autres sports (cyclisme, ski de fond, patinage de vitesse, etc.) s’appelle sillonnage (drafting).

Enfin la ligne d’arrivée! Quelle que soit la technologie utilisée pour mesurer le temps de course, deux temps apparaîtront au tableau des résultats : le gun time et le chip time. Le premier indique le temps écoulé entre le signal du départ et l’arrivée du coureur, et le second, le temps écoulé entre son passage à la ligne de départ et à la ligne d’arrivée. En français, on dira respectivement temps officiel et temps réel. C’est ce dernier qui intéresse vraiment le coureur, surtout s’il pense avoir amélioré sa marque personnelle (personal best ou PB).

Pour résumer, je vous propose le tableau récapitulatif qui suit.

Anglais Français
carbo loading, carb loading surcharge en glycogène
chip time temps réel
corral sas
drafting sillonnage
gun time temps officiel
pace allure, rythme
pacer, pace bunny meneur d’allure, lapin
personal best (PB) marque personnelle
shin splint périostite tibiale
tapering affûtage
lactate threshold seuil anaérobie

Et vous, amis coureurs, y a-t-il d’autres mots anglais que vous ne savez trop comment rendre en français?

René Morin

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